Muse - «Les films d'horreur ont joué un rôle primordial»
Après le sombre et dystopien «Drones» en 2015, Muse change radicalement de registre avec «Simulation Theory», dans les bacs le 9 novembre 2018. Place au technicolor et à l'évasion dans le huitième album des Britanniques, inspiré par la BO de leur adolescence. Schizophrénie musicale, références cinématographiques eighties et tubes en puissance sont au programme de ce futur blockbuster dont chaque titre a droit à un vidéoclip hollywoodien. Rencontre avec le batteur du trio, Dominic Howard.
Pourquoi ce disque nourri à la culture pop des années 1980?
C'est parti d'une envie de redécouvrir nos premières influences musicales. On a réalisé que les films de science-fiction et d'horreur des années 1980 ont joué un rôle primordial sur nous en grandissant. On a donc utilisé comme références visuelles et sonores les Bo de John Carpenter, les ambiances de «Blade Runner» et des choses comme ça. Et on a fini par produire un album complètement différent de ce qu'on fait d'habitude.
Essayez-vous de vous adapter à l'ère du streaming avec cette collection de singles qui diffère de vos albums conceptuels?
Oui, en partie. Il y a un an, on avait déclaré qu'on ne sortirait que des singles mais pas d'album. On en a publié une demi-douzaine depuis ce qui était fun, mais nous n'avons pas tout à fait tenu parole puisqu'on sort maintenant ce disque. La plupart des gens écoutent des playlists donc il nous semblait plus pertinent de publier une chanson à la fois. Mais évidemment, notre label voulait un album!
En fin de compte, vous n'arrivez pas vraiment à échapper aux concepts…
Oui, il y a une sorte de concept dans «Simulation Theory» qui s'est imposé tout seul. C'est l'idée d'être un peu plus optimiste par rapport à l'avenir, au lieu de craindre que la technologie ne détruise l'humanité, le thème de «Drones». Il est évident qu'aujourd'hui les gens préfèrent fuir la réalité, en fixant l'écran de leur portable ou en s'adonnant à la réalité virtuelle.
Musicalement, il y en a pour tous les goûts.
Oui, c'est un album très varié. Notre dernier disque était juste rock. Je trouve qu'en général, la musique devient de plus en plus expérimentale, bizarre, choquante et dingue. Et j'adore ça parce que cela reflète une évolution. On voulait que chaque chanson du disque soit complètement différente des autres et ait son propre visage. On a d'ailleurs fait appel à de multiples producteurs.
Parmi eux, Timbaland et Shellback, un producteur très pop. Ont-ils participé à l'écriture ou juste produit des chansons?
Cela dépend de ta définition de «production». En tout cas, ces gens-là demandent d'être crédités comme compositeurs! C'est comme ça de nos jours. C'était intéressant de bosser avec eux même si cela se fait beaucoup par correspondance aujourd'hui. Quant à Shellback, il est pop mais aussi metalleux. Il jouait dans un groupe de metal en Suède donc il a une sensibilité rock même s'il produit Taylor Swift!
Votre label n'a pas rechigné à financer les vidéoclips de l'album, des mini-films hollywoodiens?
Non, parce que c'est notre argent! Au bout du compte, c'est nous qui payons pour tout ça. On peut dépenser notre fric comme on veut. Il est vrai que ces clips ont coûté chers mais la décision vient de nous.
Muse en concert
Musee sera notamment en concert le 29 juin à Cologne, le 30 juin au Rock Werchter en Belgique et le 6 juillet au Stade de France à Paris.
(L'essentiel/Miguel Cid)</a>
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